Îles de l’Océan Indien, sœurs de sang, sœurs de cœur
Si les différentes îles que sont les Seychelles, la Réunion, l'Ile Maurice, Madagascar, Mayotte et les Comores possèdent leur propre identité, toutes demeurent liées par leur appartenance indéfectible à ce carrefour historique et culturel que constitue l'Océan Indien.
Aucune île ne se ressemble, toutes se complètent dans leur diversité.
Leur peuplement, pour commencer, est le résultat de l'établissement et du brassage de populations d'origines africaines, asiatiques, indiennes, malgaches et européennes.
Madagascar, pour ne citer qu'elle, regroupe dix-huit ethnies issues des quatre coins de l'Océan Indien, auxquelles se rajoutent Indo-Pakistanais et Européens qui se sont établis là-bas.
Avec le temps, de véritables mosaïques humaines se sont ainsi constituées dans les îles de la région, chaque peuple ayant apporté, avec lui, sa culture, ses traditions et ses croyances.
Ainsi, si la Réunion est très imprégnée de religion chrétienne, temples hindous, mosquées et pagodes chinoises ont également leur place dans la société réunionnaise.
De même, si la religion hindouiste est largement prédominante à Maurice, les rites traditionnels côtoient, sans fausse note, les fêtes catholiques, musulmanes et chinoises.
Il s'agit là d'un exemple, à suivre, de tolérance entre les différentes communautés.
La francophonie est très présente dans la région et on se comprend partout même si on ne parle pas la "langue pays". Dans les faits, la langue officielle (l'anglais à Maurice / le créole, l'anglais ou le français aux Seychelles / le malgache et le français à Madagascar…) est d'ailleurs bien souvent supplantée par le créole local, voire par le français.
En matière de coopération régionale, politiques et économistes parlent depuis longtemps d'une coopération régionale harmonisée, seule voie logique, selon eux, d'un décollage économique propre et seul frein au rouleau compresseur de la mondialisation.
Jouer la carte régionale en incitant à plus de synergie et de solidarité entre les petites économies insulaires de l'Océan Indien permettrait de se défendre contre les modèles économiques imposés et trouver des voies de développement intelligentes et spécifiques aux besoins de chacun.
Le tourisme doit jouer, à ce niveau là, un rôle majeur. En effet, rivalisant de beauté et toujours préservées, les îles de l'Océan Indien font encore partie de ces rares endroits, dans le monde, où il fait bon vivre. Leurs attraits touristiques sont indéniables : plages de sable blanc et vertes étendues pour l'Ile Maurice et Les Seychelles, contrées sauvages propices aux randonnées et aux sports extrêmes pour La Réunion, découverte d'une faune et d'une flore extraordinaires pour Madagascar ou immersion dans un paysage plus africain pour Mayotte et les Comores.
La grande richesse végétale de ces îles est très étroitement liée à leur situation géographique sur l'ancienne Route des Indes. Nombre de plantes et d'épices ont, en effet, été importées au temps de la glorieuse Compagnie des Indes. Citons, parmi tant d'autres, l'introduction des muscadiers (Iles Moluques), des manguiers (Inde), des canneliers de Ceylan, des litchis (Chine méridionale), des fruits à pain (Indo-Malaisie), des longanis (Chine), des ananas (Amérique tropicale), des mangoustans (Manille), des corossols (Amérique centrale), des papayers (Amérique du Sud), des noix de coco (Indo-Malaisie), des jaquiers (Indes Orientales), des bananiers (Asie méridionale), des kakis (Extrême-Orient), des citrons (Inde), des combavas (Malaisie), des avocats (Amérique centrale)… La gastronomie des îles de l'Océan Indien est à l'image de ces dernières. Puisant souvent dans les mêmes ingrédients parfumés et colorés, les recettes n'en sont pas moins variées, sachant marier savamment épices (curry, safran, cannelle, curcuma, coriandre, gingembre, piment…), légumes (brèdes, tomates, chouchous, fruits à pain, songes, manioc…), viandes (zébu, poulet, cochon, cabri…), poissons (mérou, carangue, espadon, requin, job, thon, vivanneau, sacrechien…) et fruits (bananes, noix de coco, papayes, mangues, ananas, citrons verts, combavas, corossols…). A noter l'accompagnement traditionnel des plats avec du riz et "des grains" (haricots rouges, pois du cap, lentilles…) ou des légumes frits (manioc, songes, bananes vertes), notamment à Mayotte et aux Comores.
Les "rougails" et "carry" (préparations à base de viande ou de poisson cuisinés dans une sauce tomate épicée) de la Réunion côtoient ainsi les "matabas" (spécialité de feuilles de manioc, de poisson ou viande et de lait de coco), "les brochettes de zébu" et autres "pilaos" (mélange de riz et de viande) de Mayotte et des Comores, les "romazavas" (bouillon mêlant brèdes mafanes et viande) et "ravitoto" (viande de porc cuite dans des feuilles de manioc pilées) de Madagascar, les "vindayes" (spécialité de poisson froide et vinaigrée) et "biryanis" (plats indiens à base de viande, d'épices et de légumes) de Maurice ou le "chatini (chutney) de requin" et "la salade du millionnaire"(cœur de palmistes) des Seychelles.
C'est tout là l'esprit de notre guide "Cocktail d'Iles" qui prend tout son sens dans cette diversité de populations, de cultures et de paysages. |